C’est tout le contraire de mon blogue sur le Gros œuf vert, ou encore de Fini le chaos! (Blogues que j’ai laissés de côté; comme bien d’autres avant moi, je blogue et je finis par me lasser - au moins, ça reste pour la postérité.)
Comment se fait-il, qu’après avoir raconté ma vie en BBQ, et avoir rejeté toute pudeur en affichant mon désordre, je n’arrive pas à publiciser mon véganisme? Oh, ce n’est certainement pas parce que je n’« assume » pas. Je suis certaine de mon choix, et sûre que c’est pour la durée.
Là ou il est peut-être plus difficile d’« assumer », c’est quand il s’agit de le dire aux autres. Quand je le fais, je me sens comme une bibitte rare, et j'ai l’impression qu’on me regarde comme si je venais d’annoncer que je suis rentrée chez les Raëliens ou dans l’Église de Scientologie. Sans blague.
Végétarienne, passe encore. Quoique même là, les commentaires fusent quand même : sur ma santé, sur les herbicides, sur les carences, sur mes pauvres enfants et mon pauvre mari. Végétalienne, c’est pareil, mais en pire. Imaginez, priver mes enfants de lait! Ne plus manger de fromage!
La plupart du temps, on croit que je suis devenue végétalienne pour des raisons de santé. Ça adonne bien, le régime végétalien est excellent pour la santé (à condition, comme tout régime, carné ou non, de le faire intelligemment). Ici, j’entends par régime la définition qu’Antidote donne à ce mot :
◆Mode de vie en matière d’alimentation, d’hygiène. Régime d’entraînement. Régime de vie. Régime d’un sportif.
Si je le faisais pour des raisons de santé, ce serait une diète :
- ◆Régime alimentaire particulier prescrit par le médecin dans un but thérapeutique. Diète hydrique.
- ◆Abstention momentanée, partielle ou complète, d’aliments, pour des raisons de santé.
(Je souligne.)
Alors, je fais un régime. Et la raison pour laquelle je fais ce régime, ce sont les animaux. Et c’est là que le bât blesse aux yeux de plusieurs. C’est là que la conversation devient plus difficile et où j’ai la mauvaise impression qu’on me considère comme une extrémiste. Comme je le faisais avant des autres qui prônaient ce régime. Je trouvais ça fou, ridicule même. Jusqu’à ce que j’accepte d’ouvrir les yeux. De lire. De regarder. De me renseigner.
Je pense que, outre le fait qu’il va à contre-courant de tout ce qu’on a toujours fait (soit manger de la viande et boire du lait), le régime végétalien dérange parce qu’il force des remises en question. Et je pense que ça prend du temps avant d’accepter de se remettre en question. En tout cas, moi, ça m’en a pris. De là, est-ce que je crois qu’on devrait tous ếtre vegétaliens? Oui. Est-ce que je vais tenter de convaincre tout le monde d’adopter ce mode de vie? Non.
Non. Pourquoi? Parce que pousser sur les gens, ça ne sert à rien. Il faut laisser venir les choses. Prenez un récent interlocuteur... Il refuse catégoriquement de voir des images sur le traitement des animaux destinés à devenir de la viande. Si j’insiste, je ne ferai qu’envenimer la discussion, et créer une opposition. Par contre, s’il me rentre dedans ou tente de remettre en question mon éthique, sans avoir lu ou visionné de documents sur le traitement des animaux, je mets fin à la discussion. On n’est pas à armes égales. Je suis plus faible, plus faible parce que je sais des choses, et que je ne peux pas les dé-savoir. Cela devient dès lors impossible pour moi de discuter, parce que je ne suis pas capable de décrire, de transmettre, les émotions qui m’ont saisie lorsque j’ai découvert la vérité derrière mon steak et mon verre de lait.
Hier encore, à la télévision, j’ai vu un reportage portant sur une ferme. Le but des images n’était pas de nous montrer à quel point les vaches laitières souffrent, mais simplement de nous faire visiter une ferme qui allait être agrandie. Et là, de voir des vaches avec le pis tellement gros que les veines sont gonflées, la tête tournée vers le mur, les sabots sur le béton, attachées au cou, immobilisées dans une stalle... J’en ai été toute retournée.
Une vache normale, dans des conditions normales, c’est-à-dire lorsqu’on lui laisse son veau à nourir, offre à l’humain de 4 à 7 litres par jour. Son espérance de vie est de 15 ans. Dans une ferme laitière, une vache donne jusqu’à 40 litres par jour, 365 jours par année. Son espérance de vie est de 4 ans. Après, elle est transformée en viande hachée. Et moi, quand je vois une boulette, je vois cette vache qu’on traine sur le béton à l'abattoir parce qu'elle s'est trop affaiblie pendant le transport et qu'elle ne peut plus marcher, et au lieu de mon hamburger je vois ses grands yeux effarés. Qui regardent la caméra.
Et me voilà partie!
Vous voyez, si mon interlocuteur n’a pas lu sur la question, s’il n’a pas vu d’images ou s’il n’a pas écouté de reportages sur le traitement des animaux, je ne peux pas, à moi seule, lui expliquer sans avoir l’air d’une extrémiste. Ce n’est que lorsqu’on prend la peine d’aller voir qu’on réalise que les tenants du bien-être des animaux ne sont pas extrémistes. Ils sont juste compatissants.
Si s’épancher sur le sort de pauvres vaches, cochons, veaux, poulets, etc., est ridicule, il suffit de regarder pour comprendre. Si, après avoir regardé, on a encore l’impression que c’est de l’atermoiement ridicule, soit, je m’incline. Mais ça me surprendrait.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire